MOT DE LA DIRECTRICE

1ère INTERVIEW ACCORDEE A LA DIRECTRICE DU CROU–A 1 S.COM : bonjour professeur Rita kakou Yao ; Directrice du CROU-A1.

Vous êtes professeur de physique, Présidente des femmes chercheurs et maintenant Directrice du CROU-A1. Comment appréhendez-vous cette nomination ?
Dr. : Merci ! Vous venez de me présenter brièvement, je n’ai donc pas d’appréhension. En tant qu’enseignante de formation et chercheur, j’ai toujours travaillé avec les étudiants pour mon pays. Ma nomination à la tête du CROU-A1 qui est une structure sociale va dans la droite ligne de la continuité de mon travail au service des étudiants.

S.COM : Vous êtes la première femme à être nommée à la tête du CROU-A1. Quels sont vos sentiments ?
Dr. : Je commence à m’inquiéter (rires). J’ai beaucoup entendu cela, pour moi, ce n’est pas nouveau. Je dis souvent aux gens « vous avez en face de vous une femme au tempérament d’homme » donc pour moi, le fait d’être une femme doit-être un plus et non un handicap. En même tant que je vais être ferme, je vais être peut-être maternelle avec une autre approche des problèmes posés et tout cela dans la continuité du travail déjà entrepris. Je ne me sens pas forcement femme, je me sens responsable et je pense que c’est le plus important. Nous ne voulons pas de particularité c’est ce que j’ai toujours dis aux femmes chercheurs. Nous voulons être accompagnées, nous voulons accompagner. Nous voulons être dans la société en faisant notre part de sacrifice (travail).

S.COM : Quel regard jetez-vous sur la situation qui prévaut aujourd’hui dans les cités ?
Dr. : II y a deux points :

D’abord ce qui se passe dans les cités c’est de la responsabilité des cités elles-mêmes, comment elles sont gérées, comment elles sont entretenues, et puis, en plus comment les étudiants qui y sont logés ? Comment se comportent-ils? Pour moi le premier problème c’est cela.

Ensuite, il s’agira de conserver le patrimoine en bon état. Il date de 30 à 40 ans .il ne faut donc pas qu’après juste 2 à 3 ans de réhabilitation, on se mette à se plaindre. Il faudra que chacun se sente responsable de la chose publique et que par conséquent si on me l’a confiée, il faut que je l’utilise comme si c’était pour moi dans le but de le léguer à la génération future.

S.COM : Quelles sont vos solutions pour résorber cette crise ? Nous entendons par là les moyens dont vous disposez pour y parvenir ?

Dr. : L’étudiant une fois en résidence universitaire est livré à lui-même. Il n’a plus, ni le soutient ni l’aide de ses parents. Il se retrouve donc dans une situation où il n’a plus de repère. Il est prompt à écouter ses amis plus que ses parents. Ce qui n’est pas normal. Il doit être responsable en se concentrant sur ses études, sa raison d’être sur la cité. Il doit prendre soin de son environnement, prendre des conseils auprès de ses parents pour leur faire part des éventuels problèmes qu’il rencontre et non avoir recours à ses camarades. C’est le lieu d’interpeller les parents qui ont le devoir de veiller sur leurs enfants même devenus étudiants. Donc pour une bonne gestion, il faudrait l’implication des parents et des étudiants eux-mêmes. C’est pour cela que j’ai proposé qu’ils puissent participer à l’élaboration du règlement intérieur de la vie en résidence universitaire. Ils seront donc en mesure de la respecter. Nous ne devons pas laisser les problèmes des étudiants entre eux et le gouvernement ou les responsables chargés des étudiants. Il faut que la société civile soit partie prenante, pour régler les problèmes de l’école. C’est la raison pour laquelle nous avons invité les parents d’élèves. Ils sont venus et déjà, on a pu échanger avec eux et ils ont pu comprendre un certain nombre de problèmes. On a aussi vu nos étudiants qui commencent à prendre un certain nombre de consignes et de dispositions pour eux-mêmes et dans leur sphère pour qu’il n’y ait pas de problème.

S.COM : La liste des attentes étant longue, quelles sont vos priorités ?

Dr. : Le problème dans les cités, c’est d’abord le problème de logement .S’il est logé le premier problème ou les trois quarts du problème sont réglés parce que l’étudiant veut être logé s’il remplit les conditions bien entendu. On ne fera pas de faveur à quiconque. Il n’y a pas de quota particulier. En tout cas, on fera en sorte que nos étudiants puissent avoir des chambres. Une fois que tu as la chambre c’est à toi d’étudier .Tout ce qu’on peut faire qui ne relève pas de gros œuvres nous le ferons avec nos moyens.
S.COM : et Concernant la restauration ?

Dr. : D’autres restaurants vont ouvrir dans les cités qui seront mises à disposition. Cela va résoudre une bonne partie du problème. Quand on va ouvrir les autres restaurants le nombre de plats va nécessairement croitre. On n’aura moins de pression et c’est pour cela aussi que nous demandons la stabilité.

S.COM : Qu’attendez-vous du personnel du CROU-A1 ?

Dr. : Je dis simplement au personnel qu’il faut se mettre au travail. Je pense que personne ne peut être heureux quand il n’a pas donné le meilleur de lui-même. On n’a pas besoin de faire la police. Nous sommes là pour servir les étudiants, pour donner l’exemple. Si toi, tu ne fais pas ton travail celui qui est à coté ne le fera pas. Moi, comme je le dis, mon seul ami, c’est le travail….Je pense que chacun de nous devrait comprendre. L’on est là pour un but. Si un moment l’on a baissé les bras, L’on se doit de les relever.
S.COM : Quelles sont vos perspectives d’avenir pour le CROU-A1 ?

Dr. : Nous sommes le miroir. La vie sociale pour un étudiant est importante. Il a besoin d’étudier, de dormir, de faire du sport bref, il a besoin des activités culturelles pour s’épanouir. Il ne va pas rester là simplement à attendre d’avoir un diplôme et partir. Comme il passe beaucoup plus de temps pour les études, il faut qu’il profite de ce temps là pour s’épanouir dans tous domaines. Mon souci est que l’étudiant qui vient ici soit vraiment dans les conditions les meilleures pour réussir sa transition vers le travail. Nous travaillons justement pour la réhabilitation et la réouverture des autres cités pour plus de lits pour nos étudiants.
S.COM : Votre mot de fin.

Dr. : Je viens d’arriver, je considère que je suis dans une nouvelle maison. Et la maison, c’est une famille. Et une famille doit être soudée. Il faut s’entraider, partir ensemble vers le développement. Il ne faut donc pas qu’on laisse un certain nombre de personnes de côté. Ceux qui sont en train de tomber, il faut les relever afin qu’on marche ensemble. Pour moi, le CROU-A1 doit être la nouvelle vitrine pour l’épanouissement.

S.COM : nous vous remercions de nous avoir accordé de votre temps.

service comm.crouA1